Le marégramme

Le premier mode d'enregistrement adopté pour l'observation du niveau de la mer est le graphe de la hauteur de la mer en fonction du temps. Un stylet assure le tracé sur une feuille quadrillée, enroulée sur un tambour dont la rotation est régulée par une horloge. Ce graphe, appelé marégramme, représente une courbe dite de marée. La dénomination « marégramme » consacrée par l'usage, ne représente pas la marée elle-même mais l'évolution du niveau marin dont la marée est généralement la composante majeure.

 

Fonctionnement

Si le mouvement du tambour effectue une révolution par 24 heures, il est possible d'obtenir plusieurs jours de mesures sur la même feuille graphique. En effet, la marée étant principalement dominée par le mouvement de la Lune et le jour lunaire étant plus long que le jour solaire d'environ 50 minutes, les courbes sont décalées les unes par rapport aux autres.

 

Marégramme de Brest du 26 mai au 2 juin 1975 (Crédits SHOM). Cliquer sur le marégramme pour l'agrandir.

 

Pour une marée de type semi-diurne, il est ainsi possible de laisser la feuille en place pendant deux semaines. Au-delà de cette durée, les courbes peuvent se chevaucher en partie et entraîner des erreurs au moment de la numérisation du graphe. Cette négligence est à l'origine de la perte de nombreuses données (enregistrement inexploitables)

 

Sources d'erreurs

Plusieurs sources d'erreurs peuvent affecter ce type d'enregistrement :

  • pour la mesure de la hauteur :
    • mauvais calage vertical de la feuille lors de son changement sur le tambour ;
    • variation de l'échelle de hauteur de la feuille graphique sous l'effet de l'humidité ou de la température ;
  • pour la mesure du temps :
    • mauvais calage horizontal au changement de feuille, souvent lié au rattrapage de jeu de tambour ;
    • feuille non-conforme au diamètre du tambour induisant une variation cyclique de l'échelle des temps ;
    • marche irrégulière de l'horloge ;
    • fluctuations de la rotation du tambour liées aux défauts des engrenages d'entraînement.

Bien que chacun de ces défauts puissent être important, tous peuvent êtres corrigés par des contrôles réguliers effectués avec soin.

Pour certaines erreurs de mesure du temps, il est possible de tirer profit, par exemple, des mouvements de le Lune et du Soleil connus avec une très grande précision, qui sont à même de constituer une excellente horloge pour rectifier ce type d'erreurs.

Les erreurs de calage en hauteur sont plus difficiles à corriger et peuvent parfois passer inaperçues. Elles ne sont détectables en effet que par des comparaisons avec les mesures issues des observatoires voisns ou par la mise en évidence de discontinuités flagrante sur le marégramme.

 

Pour en savoir plus

 

Références

  • Simon B. (2007). La Marée - La marée océanique et côtière. Edition Institut océanographique, 434pp.

 

 

Dernière mise à jour : 15/08/2012