Les pompages en eau douce, responsable d'une partie de la hausse du niveau des mers

 

Vue de la ville de Roscoff depuis l'ile de Batz - Finistère (Crédits SHOM, août 2004).JPG

 

L'utilisation massive des réserves d'eau terrestre explique une partie de la hausse du niveau des mers observée. Cette découverte publiée par des chercheurs de l'Université de Tokyo dans la revue Nature, permet de trouver une réponse à "l'énigne du niveau de la mer" (W. Munk).

 

L'énigne du niveau de la mer (W. Munk)

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le niveau global de la mer a augmenté d'environ 1,8 millimètres par an, selon les relevés effectués le long des côtes par les marégraphes. La contribution combinée du réchauffement des océans, qui dilate l'eau, avec la fonte des calottes glaciaires et des glaciers, est estimé à 1,1 millimètre par an, ce qui laisse environ 0,7 millimètres par an non expliqué (quatrième rapport du GIEC - Bindoff et al. 2007). Cet écart, soulevé par Munk en 2002, a été considéré comme un élément important manquant du puzzle dans les estimations passées et actuelles pour le changement du niveau marin et pour les projections des hausses futures. Cette question était d'autant plus inquiétante qu'elle soulevait la question de notre capacité à prévoir le futur si nous n'étions pas capable d'expliqué le passé récent.

 

Puiser l'eau souterraine puis la rejeter à la mer

Dans cette étude rédigée par l'équipe dirigée par Yadu Pokhrei, de l'Université de Tokyo, ces derniers estiment que cette hausse est en fait liée à l'eau extraite des nappes phréatiques et des lacs pour les besoins de la consommation humaine. Qu'elle soit consommée ou qu'elle s'évapore, l'eau souterraine ainsi puisée (et généralement jamais remplacée) aboutit en majorité dans les mers, d'après une modélisation informatique.

"Au total, l'utilisation irraisonnée de l'eau souterraine, sa captation dans des réservoirs artificiels, l'impact du changement climatique dans les réserves d'eau terrestres et les pertes en eau dans les bassins fermés (les lacs et mers intérieures, ndlr) ont contribué à une hausse du niveau de la mer de 0,77 mm par an en moyenne entre 1961 et 2003, soit environ 42% de la hausse observée", estime l'étude.

 

  • Pour en savoir plus :

La montée du niveau de la mer des océans par marégraphie et géodésie spatiale : contributions françaises à une problématique mondiale par G. Wöppelmann, L. Testut, et R. Créach. Annales hydrographiques, n°777, SHOM.

 

  • Bibliographie :

BINDOFF N. et al. (2007). Observations: Oceanic climate and sea level. In Climate Change 2007: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (eds. S Solomon et al.), Cambridge University Press. (en anglais).

MUNK W. (2002). Twentieth century sea level: an enigma. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (99: 6550-6555). (en anglais).

  • Sources :

Source found for missing water in sea-level rise, revue Nature Geoscience (en anglais).

Model estimates of sea-level change due to anthropogenic impacts on terrestrial water storage par Yadu N. Pokhrel, Naota Hanasaki, Pat J-F. Yeh, Tomohito J. Yamada, Shinjiro Kanae & Taikan Oki, Nature Geoscience Letter, doi:10.1038/ngeo1476 (en anglais).

Hausse du niveau des mers : en plus du réchauffement climatique, les pompages en cause, source France Info.

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