Bilan français de la 11ème session du groupe intergouvernemental de coordination pour la mise en place de l'alerte aux tsunamis en Méditerranée et en Atlantique Nord-Est

La 11e session du groupe inter-gouvernemental de coordination sur le système d'alerte aux tsunami en Atlantique nord est et Méditerranée (ICG NEAMTWS) s'est tenue à Rome, Italie du 19 au 21 novembre 2013 sous l'égide de l'UNESCO. Séismologues, modélisateurs, experts en marégraphie, acteurs de la sécurité civile et représentants des ministères s'y sont côtoyés afin de poursuivre la coopération internationale autour de l'alerte aux tsunamis dans le bassin méditerranéen et l'Atlantique nord est. Ces zones sismiques sont en effet concernées par ce risque comme en témoignent les inventaires historiques réalisés et les dégâts humains et matériels recensés au cours des premières études.

 

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Pays participants

De nombreux pays de la façade Atlantique, du pourtour de la Méditerranée et de la Mer Noire étaient représentés. La bonne participation des pays de l'Afrique du Nord avec le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte a été très appréciée car elle ouvre la voie à une meilleure coordination avec ces pays du sud de la Méditerranée sur lequel l'effort sera porté dans les années à venir.

 

Avancées de l'implémentation technique de l'alerte

Au niveau international, l'implémentation technique de l'alerte progresse grâce au travail réalisé par les états membres et coordonné au sein de quatre "working groups" traitant respectivement :

  • la détection et la caractérisation des sources sismiques tsunamigènes,
  • la génération de modèles de propagation de vagues tsunamis à partir de la source sismique,
  • le suivi en temps réel grâce aux stations marégraphiques des temps d'arrivée du tsunamis à la côte,
  • et l'information des populations côtières via les autorités de protections civiles nationales et locales.

 

La France, un des trois pays ayant un centre d'alerte aux tsunamis opérationnel

Depuis 2012, trois centres d'alerte aux tsunamis sont opérationnels : La France (Centre National d'Alerte aux Tsunamis hébergé par le CEA), la Grèce et la Turquie. Connectés en temps réel aux stations sismiques et marégraphiques opérées et partagées par les pays membres, ces centres sont capables de traiter chaque évènement sismique pour envoyer immédiatement un message d'alerte aux protections civiles des pays menacés si le risque tsunamigénique est élevé. La présence d'un tsunami est ensuite confirmée ou infirmée à partir des relevés marégraphique de hauteur d'eau. Le Portugal et l'Italie sont encore en phase de mise en place d'un tel centre sur leur territoire.

 

Système d'accréditation des centres d'alerte aux tsunamis mis en place par la COI

Pour assurer la légitimité de ces centres au niveau international, la COI a mis en place un système d'accréditation de ces centres d'alerte selon des critères techniques spécifiques (niveau d'expertise, robustesse, rapidité,...). Les trois premiers centres devraient être soumis à cet examen courant 2014.

Toutefois, la multiplication de ces centres pose le problème du traitement de plusieurs messages d'alerte émis par des centres différents et qui peuvent diverger au niveau des premiers résultats de calculs, dont l'incertitude, bien que réduite au maximum, peut possiblement engendrer le dépassement d'un seuil d'alerte ou non suivant la méthode utilisée. Les prochains travaux permettront de mettre en place une procédure de compilation de ces messages par les autorités de sécurité civile. D'un point de vue technique, le programme européen ASTARTE permettra de financer la recherche sur l'amélioration des algorithmes de détection rapide des sources sismiques à partir des premières mesures enregistrées.

 

Les marégraphes au centre du système d'alerte aux tsunamis

Coté marégraphie, l'accent a été porté sur l'importance d'inventorier les stations contribuant ou pouvant contribuer dans un avenir proche à l'alerte, notamment pour les stations d'Afrique du Nord qui n'ont pas encore de transmission en temps réel. A ce titre, la transmission des hauteurs d'eau via le Système Mondial de Télécommunication (SMT) de l'Organisation Météorologique Mondiale via les satellites météorologiques Meteosat, a été vivement encouragée. En effet, elle est aujourd'hui le moyen le plus simple et toutefois robuste de transmettre les mesures directement à tous les centres d'alerte connectés en permanence au SMT, et constitue également une redondance pertinente en cas de coupure des liaisons Internet filaires.

 

Bilan de l'exercice annuel NEAMWAVE13

La réunion a également été l'occasion de rendre compte de l'exercice annuel NEAMWAVE13. En effet, si des tests de communications entre les centres d'alerte et les autorités de protection civiles sont effectués tous les mois, chaque année, un exercice grandeur nature basé sur un scénario réel est organisé chaque année. cet exercice implique ainsi tous les acteurs de l'alerte montante et descendante comprenant les centres d'alerte, les cellules de crise de la protection civile nationale et régionale, les pompiers, les gendarmeries ainsi que certains établissements publics jouant l'évacuation vers des zones protégées en hauteur.

A ce titre, l'Espagne a annoncé cette année son intention de créer une cellule nationale, au sein de la protection civile espagnole, qui traitera spécifiquement les messages d'alerte des centres voisins pour prévenir et protéger sa population.

 

Prochain rassemblement

Enfin, le prochain Groupe Intergouvernemental de Coordination pour l'alerte aux tsunamis en Méditerranée et Atlantique Nord-Est se tiendra en république de Chypre fin 2014 pour rendre compte des avancées techniques réalisées au cours de l'année à venir.

 

 

Références

 

Pour en savoir plus

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