Bilan français de la 15ème session du groupe des experts GLOSS

L'étude et la surveillance des variations climatiques récentes et actuelles du niveau de la mer s'organise au niveau mondial autour du programme mondial d'observation du niveau de la mer (GLOSS) de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO. Tous les deux ans, le groupe d'experts de ce programme se retrouve afin de faire, notamment, un état des lieux des observatoires marégraphiques nationaux. Cet année (8 - 9 juillet 2017), c'est à New-York qu'à eu lieu l'événement. La France était représentée par le Shom, en tant que référent national pour l'observation du niveau de la mer et par l'Université de La Rochelle en tant que responsable du programme SONEL, centre de données GNSS aux marégraphes pour le programme mondial d’observation du niveau de la mer (GLOSS). Quatre stations marégraphiques situées dans le Pacifique devraient rejoindre les 15 stations marégraphiques déjà labelissées pour le territoire national.

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Bilan des sessions GLOSS

La 15ème session du groupe d'expert GLOSS a rassemblé 30 participants avec une forte représentation des pays d’Amérique centrale et d’Amérique Latine, habituellement peu présents. Lors du meeting GLOSS, les représentants nationaux ont pu assister aux comptes rendus d'activité des institutions et poursuivre les échanges techniques sur la mesure de la hauteur d'eau et ses applications.

Les discussions ont notamment porté sur les points suivants :

Unification des différents centres de données GLOSS et bases de données de hauteurs d'eau existantes

Il existe différents centres de données GLOSS et BDD de hauteurs d'eau : le PSMSL (Permanent Service for Mean Sea Level) pour les niveaux moyens, l'UHSLC (University of Hawaii Sea Level Center) pour les données horaires qualifiées, le portail « Sea Level Station Monitoring Facility » (VLIZ) pour les données brutes temps réel, le portail web français SONEL pour les observations GNSS colocalisées avec les marégraphes et le BODC (British Oceanographic Data Center) qui diffuse la version “finale” des données de hauteurs d’eau GLOSS. La visibilité de ces différents centres de données est jugée problématique du fait de leur grand nombre. Une unification doit être étudiée afin de permettre un meilleur accès à la donnée par l’ensemble des acteurs.

 

Présentation du réseau GESLA (GLOBAL Extreme Sea Level Analysis)

Le réseau GESLA (Global Extreme Sea Level Analysis) a été mis en place à l’initiative de Phil Woodworth. Le site internet permet de télécharger directement les données hautes fréquences de 1355 stations marégraphiques. Ce lot de données est utilisé pour de nombreuses études portant sur les événements extrêmes. Néanmoins, il semble que les données hautes fréquences mises à disposition ne soient pas misà jour depuis 2014. C'est notamment le cas des observations marégraphiques françaises.

 

Liens entre GLOSS et les autres programmes internationaux (WMO, JCOMM OCG, OOPC, IAPSO CMSLT, IHO TWCWG

En lien avec le Tides, Water Level and Currents Working Group (TWCWG) de l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI), un groupe de travail a été créé pour l’établissement d’un format d’échange des données de hauteurs d’eau et de constantes harmoniques. La question de la standardisation des constantes harmoniques semble plus pertinente que celle des hauteurs d’eau.

 

Normalisation des procédures de Quality Check (QC) sur les données de hauteur d’eau

Un groupe de travail a été créé pour élaborer un manuel portant sur le contrôle qualité des données de hauteurs d’eau.

 

Mise en place d’un « Advisory Group » chargé de faire avancer les actions entre les sessions du GE.

Ce groupe, dont la création doit être confirmée, permettrait une meilleure efficacité dans le suivi des actions. Il est constaté en effet que la réunion du groupe d'experts tous les 2 ans induit une inertie importante. 

 

Publication du « Manuel sur la mesure et l’interprétation du niveau de la mer – Marégraphes radar volume V »

Ce document, publié par UNESCO/COI, a été rédigé entre 2015 et 2017 et diffusé en anglais fin 2016 et en français début 2017. La contribution de la France y a été significative.

 

Volonté de la COI d'étendre les réseaux d'observations marégraphiques dans l'hémisphère sud

Le secrétaire technique de GLOSS, Thorkild Aarup, a rappelé la volonté de la COI à étendre les réseaux d’observation dans l’hémisphère sud et particulièrement en Afrique. Il a néanmoins souligné que, s’il est relativement aisé de trouver des fonds pour une installation, la question de l’entretien a été jusqu’à présent ignorée. Un marégraphe non entretenu devient un fantôme au bout de quelques années.

 

Comptes rendus nationaux

En comptant la France, onze pays ont présenté l’état des réseaux marégraphiques. 

 

France

Le travail réalisé par la France en marégraphie a été salué par le chairman de GLOSS. La présentation du rapport national a mis un accent particulier sur les différents observatoires présents dans les Antilles françaises, à la demande du secrétaire général de GLOSS qui estimait manquer de visibilité sur cette région. La montée en puissance de l’activité de Data Rescue au sein du Shom a été jugée positivement, s’agissant d’un sujet important pour la COI. La présentation du prototype de marégraphe mobile développé par le Shom a suscité un vif intérêt de la part de l’assemblée.

Il avait été suggéré en 2013 d’ajouter 4 stations françaises du Pacifique dans le GLOSS Core Network (GCN). Cette question été restant en suspens en 2015 lors de la 14ème session GLOSS. En 2017, le GE a formellement voté l'intégration les 4 marégraphes dans le GCN, à savoir Futuna, Rangiroa, Makemo et Tubuai. Une lettre doit être adressée au représentant français auprès de la COI pour une acceptation formelle. Ce vote tardif se télescope avec l’incertitude actuelle de la pérennisation des marégraphes français du Pacifique faute de financement pour leur maintien en condition opérationnelle. A l'occasion de cette session, le GCN de Rikitea (îles Gambier) passe désormais sous responsabilité française. Jusqu’à présent ce site, était équipé de deux capteurs, le premier opéré par le Shom et le second par l’Université d’Hawaii (UHSLC). Ce dernier, localisé à l'intérieur d’une ferme piscicole, enregistre un signal perturbé décidant l’UHSLC a stopper sa maintenance et confiant, de fait, à la France, le soin de poursuivre cette longue série d'observation. 

 

Australie

Réseau composé par 118 marégraphes. L'Australie a mis en place un atelier à destination des pays voisins du Pacifique (néanmoins ouvert à tous) afin de les former à la gestion d’un réseau de marégraphe. Théorie et analyse, instrumentation, visites de terrain, etc. 

Brésil

Le réseau est piloté par la Marine nationale avec le soutien d’organismes tiers pour les travaux topographiques et la météo. Le Brésil a la charge de 13 stations marégraphiques labelissées GLOSS, essentiellement radar. Seules quelques-unes transmettent en temps réel.

Costa-Rica

Le pays dispose de cinq stations marégraphiques dont deux opérées par l’Université d’Hawaii. Le Costa-Rica présente également un double problème l'handicapant sur la mesure avec peu de contrôle de la donnée, faute à des problèmes de ressources humaines et avec un matériel fonctionnement par intermittence. L'apposition d'un panneau "Emissions hyperfréquences" sur ses installations marégraphiques a permis de faire baisser significativement les actes d'incivilités sur le matériel exposé. Le pays a peut être trouvé une solution pour contrer le bio fouling (développement de micro-organismes) au niveau des capteurs ou des entrées de puits. La solution consiste a entourer les capteurs (notamment les capteurs de pression) de bas nylon.

Danemark

Le littoral danois est couvert par 90 stations marégraphiques rénovées récemment. Cette forte densité est a mettre en relation du fait que les compagnies d’assurance au Danemark incitent les communes à installer des marégraphes pour une meilleure gestion des indemnisations en cas de submersion.

El Salvador

Trois stations sont gérées par le ministère de l’environnement avec le support de l’Université d’Hawaii. 

Equateur

Réseau composé par treize stations marégraphiques. l'infrastructure répond principalement à la demande d’alerte aux tsunamis. El Niño provoque sur les côtes équatoriennes d’importantes élévations du niveau moyen : +47cm entre 1982-83 et +42cm en 1997-98.

Mexique

Le réseau national est composé de 27 stations et 6 nouvelles doivent prochainement venir densifier le réseau existant. Ce réseau a longtemps été laissé en déshérence. Il est actuellement en cours de réhabilitation Les stations installées sur la côte Pacifique sont plus performantes que celles sur le Golfe du Mexique car financées dans le cadre de l’alerte tsunami.

Pérou

Le service hydrographique péruvien à en charge 19 marégraphes. Le Japon a fourni 9 nouveaux capteurs.

Suède

Les deux principaux réseaux existant vont être harmonisés par le remplacement de 53 capteurs. La Suède a mis en place un « super marégraphe » à Onsala, un site regroupant l’ensemble des techniques de positionnement, d’observation du niveau de la mer et de transmission (notamment un observatoire astronomique). La Suède a mis au point un marégraphe mobile (radar + bulles) pour le suivi des événements de tempête.

Royaume-Uni

Une partie du réseau britanique, environ 40 marégraphes, a dépassé la limite d’age et la qualité des données s’en ressent. Des préoccupations ont été émises sur le réseau britannique, privatisé il y a quelques années, et qui semble insuffisamment entretenu.

 

 

Dates à retenir

  • Workshop on sea level measurement in hostile conditions. ROSHYDROME Moscou Mars 2018.
  • Advance in Tsunami Warning to Enhance Community Responses, IOC/UNESCO, Paris 12-14 février 2018.



Référence

 

Pour en savoir plus

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